Le chat a travers l'histoire
Le symbolisme du chat est très hétérogène, oscillant entre les tendances bénéfiques et maléfiques;ce qui peut s'expliquer simplement par l'attitude à la fois douce et sournoise de l'animal.


Au XXème siècle
Dès le début du XXe siècle, notre chat devient "médiatique"! On le retrouve partout… cartes postales, lithographies, timbres, calendrier, affiches publicitaires.

Le chat du XXe siècle est aussi "presque humain"... Il est devenu civilisé et soigne sa santé. Il va chez le vétérinaire ou dans des salons de beauté. Aux États-Unis, il existe même des astrologues et des psychanalystes pour chats! Certes, nous n'allons pas jusqu'à embaumer nos chats à leur mort comme le faisaient les Égyptiens mais les plus nantis finissent dans un cercueil de taffetas, dans un cimetière qui leur est réservé.

Le chat fait aussi couler de l'encre et il est un "best-seller" assuré! Après avoir débuté dans les bandes dessinées avec "Félix le chat", il fait aussi carrière au cinéma et à la télévision.
Autrefois, seul de son espèce, le chat "domestique" était unique. Aujourd'hui, on compte plus de quarante races différentes, issues de mutation génétique spontanée ou créées de la main de l'homme.

De chasseur et gardien des récoltes, il est devenu un aristocrate à qui l'on sert des repas préparés, calibrés, sans parler des gâteries pour chat! Notre petit félin vit dans le confort, avec l'oreiller de plume et le chauffage central... Il passe ses grandes journées à se prélasser, à faire sa toilette et à recevoir des câlins. Il voyage en avion, en train ou en voiture... Une vie de roi!

Au Moyen-âge
Ignoré, puis adulé voilà maintenant que notre chat est malmené!
Dans l'Europe du Moyen-Âge, le chat connut une véritable période noire.... surtout s'il avait le malheur d'être de cette couleur! Comment le chat a-t-il pu devenir ainsi une véritable malédiction?

Le haut Moyen-Âge ne fut pas si hostile au chat dont les talents de chasseur attiraient la sympathie des paysans. Ceux-ci ignoraient le jugement de l'Église, qui dès le début, considéra le chat comme une créature démoniaque!

Et pourtant, couvents et monastères en hébergèrent plus d'un, les utilisant contre les rongeurs et plusieurs saints médiévaux en firent leur ami. Hélas, le renouveau de certains cultes païens, au milieu du XIVe siècle, signa la perte de notre petit félin.

En fait, le chat avait conservé cette réputation surnaturelle et païenne héritée des cultes égyptiens. Ses qualités mystérieuses et sa beauté, qui avaient tant impressionné les Égyptiens, furent interprétées différemment par l'Église qui le proclama la réincarnation vivante du diable. On en brûla, noya ou crucifia des cents et des milles, quelquefois même avec leur propriétaire!

Chat et sorcellerie
Cette réputation de malignité faite aux chats n'est pas expliquée. Sans doute leur caractère secret, leur regard intense et pénétrant, leur sortie nocturne ont favorisé cet état d'esprit. On peut croire que certains se sont facilement apeurés en croisant le regard phosphorescent d'un chat, se croyant confronter une force maléfique... Le chat devint ainsi doté de pouvoirs occultes.

L'Inquisition, avec le Pape Innocent VIII et sa bulle de 1484, encouragea les sacrifices de chats à l'occasion de fêtes populaires.... ce qui devint une véritable maladie sociale!

Durant ces fêtes, le feu était sans contredit le moyen prévilégié de la populace. Et chacun y allait de son bûcher... À Paris, le roi servait de bourreau. En Picardie, on allumait un bûcher circulaire; les chats étaient au centre avec, pour seul refuge, un arbre planté au milieu... Dès que les flammes les gagnaient, ils grimpaient dans l'arbre en masse pour retomber dans le brasier.

En Bourgogne, les enfants étaient mis à contribution. Ils allaient de ferme en ferme transportant un chat fixé au bout d'une perche de bois de manière "à bien faire griller le chat"! Et quand il ne s'agissait pas de sorcellerie, on les brûlait sous prétexte de favoriser les récoltes ou éloigner les épidémies... Quelle folie!

La peste noire
Ironiquement, c'est la Peste noire qui sauva le chat... Au retour des croisades, l'Europe, envahie par les rats rapportés par les croisés, fut frappée par la peste. Comme on le sait, la grande majorité de l'Europe fut alors décimée. Ceux qui avaient, à leur risque et péril, conservé des chats dans leur ferme s'en sortirent généralement indemnes, ayant pu se tenir loin des rats.

Et enfin, les autorités finirent par entrevoir la lumière... et mirent fin aux persécutions. Il était temps! Certaines traditions, toutefois ont été longues à mourir. Par exemple, en Bretagne, la coutume de jeter des chats du haut d'un beffroi existe toujours. Rassurez-vous toutefois, on ne précipite que des chats en peluche!

Chez les Grecs et les Romains
Le grand Jules Caesar n'était certes pas un ami de nos félins. On prétend que celui qui franchit le Rubicon ne faisait pas moins que s'évanouir lorsqu'il croisait un chat! Comment a-t-il pu alors courtiser la belle Cléopâtre? Nous ne connaîtrons jamais hélas leurs secrets d'alcôve!

Les contemporains de l'historien grec Hérodote ne connaissaient que les furets et les serpents pour protéger leur récolte de blé. Aussi, le chat ne devint-il populaire en Grèce que vers la fin du Ier siècle après J.-C, suite aux invasions des armées romaines.

Chez les Grecs, on sait que le chat était toléré pour son utilité et qu'on le choisissait parfois comme animal de compagnie (malgré que la préférence des Grecs allaient aux chiens et aux cigales pour lesquelles on construisait de minuscules cages). Pour les Hellènes, il semble également que le chat aurait été à l'origine un jouet, un cadeau coûteux rapporté d'Égypte que l'on offrait aux courtisanes. On raconte qu'une jeune et belle grecque dont le désir de posséder un chat égyptien était tel qu'elle rompit avec son fiancé parce qu'il refusait de se rendre en Égypte pour lui en procurer un! Elle prit un autre amant, qui, lui accepta.

Bien que les Grecs lui réservèrent un accueil assez tiède, petit à petit le chat réussit à se faire aimer et apprécier. Ésope, le poète, l'associera à la Beauté et l'Amour et par extension, à la forme féminine (encore!!)

Le chat chez les Romains
Les romains, en revanche, étaient impressionnés par le chat, probablement à côtoyer les Égyptiens. Au départ, seules les riches familles romaines en possédaient. Toutefois, les chats étant des animaux prolifiques, bientôt tout le monde put avoir son chat! Le chat était le compagnon favori du soldat romain qui l'emmenait partout! Inévitablement l'armée romaine en laissât quelques-uns en cours de route… Toutefois, dans les îles Britanniques, ce sont les marchands phéniciens qui précédèrent les romains en échangeant des "minous" contre l'étain des mines de Cornouailles…


On peut aussi constater que le chat était très en vogue dans la société romaine par le nombre impressionnant de lieux dont le nom, comportant le mot "chat", remonte aux conquêtes impériales: Caithness en Écosse, Katwijk en Hollande...

Pline l'Ancien raconte que les chats romains étaient appréciés pour leur beauté et leur caractère indépendant, symbolisant la liberté. L'esprit religieux des romains l'associa à Diane chasseresse dont le culte fut assimilé à celui de Bastet, la déesse chatte égyptienne.

A la fin du Ve siècle après J.-C., le chat domestique est bien établi à travers l'Europe. Les différentes invasions barbares déversant sur l'Europe le fléau de la peste, le chat devient encore plus apprécié. Dans certains pays des lois sont même instaurées pour la protection de notre petit félin.


On peut donc en conclure que le chat avait une place de choix dans la société gréco-romaine.

Le chat en Égypte
Majestueux, la tête haute, votre chat prend des airs de sphinx. Peut-être songe-t-il à l'époque heureuse où il était vénéré comme un dieu...
Au temps des pharaons, la vallée fertile du Nil était le grenier du monde. Le chat, protecteur du grain devient alors très précieux. Ainsi, la déesse Bastet, à tête de chat, devint associée à la fécondité et aux récoltes.

Il y a maintenant 54 millions d'années, l'ancêtre du chat moderne, le Miacus, errait dans les forêts préhistoriques, s'attaquant aux petits animaux. La domestication du chat remonte à des millénaires, plus précisément à l'époque de l'Égypte ancienne, quelque 1 600 ans avant J-C. Les chats du désert libyen auraient suivi les campements des esclaves requis pour bâtir les monuments et, les animaux attirés par la nourriture, se seraient ainsi familiarisés avec l'homme.

Les Égyptiens aimaient s'entourer de chats, en plus d'en faire leur animal favori, ils les utilisaient pour la chasse. Les chats vivaient dans les demeures privées et dans les temples de Bubastis, consacrée à la déesse Bastet. Les Égyptiens respectaient le chat, tant pour ses talents de chasseur, sa beauté et son caractère mystérieux. N'était-il pas surtout le gardien de leurs champs de blé ?

Le chat était considéré alors comme un membre de la famille, se prélassant dans une vie douillette. On lui offrait même de petits colliers d'or et de fines boucles d'oreilles. De toutes les façons possibles les Égyptiens mêlaient le chat à leur existence, par exemple en sculptant des figurines, en fabriquant des meubles ou encore en taillant des bijoux à leur effigie.

Lorsque l'animal venait à mourir, on le faisait momifier puis on le plaçait dans un sarcophage en bois et l'ensevelissait dans une nécropole ou dans le caveau familial. Les maîtres éplorés prenaient le deuil en se couvrant le visage de cendres et en se rasant les sourcils. Certains Égyptiens, éprouvant un amour profond pour leur chat, se faisaient même enterrer avec eux pour les suivre dans l'au-delà!

Le bien-être du chat avant tout !
En Égypte, le bien-être du chat est chose sérieuse. En cas d'incendie, on sauve d'abord le chat de la maison... Quiconque provoque la mort d'un chat est passible de peine capitale. On raconte même qu'un soldat de Jules César fut lynché par la population pour avoir tué accidentellement un chat.

Au détriment des Égyptiens, les Perses et les Romains vont tirer avantage du respect qu'ils portent au chat. Capturant un grand nombre de chats, les soldats ennemis les emmènent dans la bataille et, menaçant de les tuer, forcent ainsi les Égyptiens à se rendre sans combattre.

Nul ne sait exactement pourquoi le chat vient à jouer un rôle aussi important dans la religion égyptienne. La déesse Bastet nous est familière grâce aux nombreuses statuettes qui la représentent. Mi femme, mi-chat, les Égyptiens considéraient Bastet comme une divinité androgyne, à la fois solaire et lunaire. Leur imagination avait été frappée par le chat qui aimait se chauffer au soleil, voyait dans la nuit et dont les pupilles se modifiaient à l'image des phases de la lune.

Cette association reflète également l'idée solidement ancrée dans l'imaginaire de l'homme: femme et chat symbolisant la plénitude, la fécondité, la beauté et… le mystère! Bastet a même influencé les femmes égyptiennes dans leur style de coiffure et de maquillage. Elles se devaient d'être "belles comme des chattes" et allongeaient leurs yeux en amandes au moyen de kohol.

Les fêtes de Bastet
Nul ne sait exactement pourquoi le chat vient à jouer un rôle aussi important dans la religion égyptienne. La déesse Bastet nous est familière grâce aux nombreuses statuettes qui la représentent. Mi femme, mi-chat, les Égyptiens considéraient Bastet comme une divinité androgyne, à la fois solaire et lunaire. Leur imagination avait été frappée par le chat qui aimait se chauffer au soleil, voyait dans la nuit et dont les pupilles se modifiaient à l'image des phases de la lune.

Cette association reflète également l'idée solidement ancrée dans l'imaginaire de l'homme: femme et chat symbolisant la plénitude, la fécondité, la beauté et… le mystère! Bastet a même influencé les femmes égyptiennes dans leur style de coiffure et de maquillage. Elles se devaient d'être "belles comme des chattes" et allongeaient leurs yeux en amandes au moyen de kohol.

Et que dire des fêtes de Bastet! Des milliers de pèlerins voyageaient chaque printemps pour se rendre au temple de Bubastis. Selon certains écrits, ces réjouissances semblent avoir été hautes en couleurs! On dit que le vin coulait à flot et que les femmes retroussaient leurs vêtements et mimaient le rut des chattes pour provoquer les hommes! Tout un programme… de quoi faire pâlir nos Mardis Gras! Quant au cérémonial des fêtes de Bastet, les écrits demeurent silencieux.

Certaines découvertes récentes lors de fouilles du site de Saqqarah ont permis d'avancer de nouvelles hypothèses. En effet, certaines momies de chats recélaient seulement un ou plusieurs membres ce qui laisse supposer que les dépouilles donnaient lieu à un commerce de la part des prêtres! Aussi, l'élongation des cous des chats momifiés dont les vertèbres cervicales étaient brisées porte à croire que les chats des temples étaient parfois tués lors de sacrifices rituels en l'honneur de Bastet.

Le culte de Bastet qui débuta vers 2000 avant notre ère demeura vivant jusqu'à la fin du IVe siècle de l'ère chrétienne.
Quelque 100 ans avant J.-C., la vénération du chat amorce son déclin et les marchands Phéniciens, qui depuis des lunes faisaient la contrebande de chats, peuvent enfin les exporter en quantité. C'est ainsi que le chat arrive en Grèce, puis s'acclimate en Italie pour enfin poursuivre sa route vers la Gaule avec les légions romaines. Les beaux jours du chat sont terminés!


Le bien-être du chat avant tout !
En Égypte, le bien-être du chat est chose sérieuse. En cas d'incendie, on sauve d'abord le chat de la maison... Quiconque provoque la mort d'un chat est passible de peine capitale. On raconte même qu'un soldat de Jules César fut lynché par la population pour avoir tué accidentellement un chat.

Au détriment des Égyptiens, les Perses et les Romains vont tirer avantage du respect qu'ils portent au chat. Capturant un grand nombre de chats, les soldats ennemis les emmènent dans la bataille et, menaçant de les tuer, forcent ainsi les Égyptiens à se rendre sans combattre.

Nul ne sait exactement pourquoi le chat vient à jouer un rôle aussi important dans la religion égyptienne. La déesse Bastet nous est familière grâce aux nombreuses statuettes qui la représentent. Mi femme, mi-chat, les Égyptiens considéraient Bastet comme une divinité androgyne, à la fois solaire et lunaire. Leur imagination avait été frappée par le chat qui aimait se chauffer au soleil, voyait dans la nuit et dont les pupilles se modifiaient à l'image des phases de la lune.

Cette association reflète également l'idée solidement ancrée dans l'imaginaire de l'homme: femme et chat symbolisant la plénitude, la fécondité, la beauté et… le mystère! Bastet a même influencé les femmes égyptiennes dans leur style de coiffure et de maquillage. Elles se devaient d'être "belles comme des chattes" et allongeaient leurs yeux en amandes au moyen de kohol.

Après le Moyen âge
Après la folie meurtrière du Moyen Âge où on le pourchasse sans répit tandis que les rats véhiculent la peste, le chat, peu à peu, retrouve sa place au grenier.

Vers la fin de la Renaissance, le chat commence à couler des jours meilleurs. Certains hommes d'influence affichent leur amitié pour les félins. Par exemple, le Cardinal Wolsy en Angleterre ne se rendait jamais à sa cathédrale ou à des conférences royales sans ses chats! En France, Montaigne, Richelieu et Mazarin sont également entichés de leurs félins.

En fait, la gent féline doit une fière chandelle à Richelieu, qui, l'un des premiers, réhabilita le chat dans son rôle de dératiseur. Richelieu investit le chat d'une mission officielle: protéger les trésors de la librairie royale contre le rongeurs. Sauvé par son pire ennemi le rat, le chat retrouve donc une place de choix dans la société.

On doit aussi à la mansuétude du roi Louis XV l'arrêt des bûchers pour les chats à la Saint-Jean qu'il qualifia de "tradition barbare et primitive". Également sous le règne de Louis XV, l'historien Moncrif va rédiger son "Histoire des chats" (1727). C'est grâce Moncrif que l'on connaît aujourd'hui le calvaire des chats condamnés aux bûchers ou les procès des chats "diaboliques" parce que tout noirs! En fait, cet oeuvre lui valut le surnom "d'historio-griffe" du royaume.

D'ailleurs il est surprenant de constater qu'il n'existe aucun ouvrage historique sur le chat de l'époque romaine jusqu'au XVIIe siècle, époque durant laquelle le chat redevint un animal de compagnie.

Le chat n'avait toutefois pas que des amis, comme on le sait. Entre autres, Napoléon ne les aimait guère. En fait, il souffrait simplement de réactions allergiques mais on l'ignorait en ce temps là.

À l'époque victorienne, le chat est estimé pour son utilité mais également pour sa grande beauté. En fait, le chat est à la mode! La première exposition féline eut lieu en 1871 au Crystal Palace de Londres (bien que l'on retrace une exposition féline en Angleterre en 1598!). En 1895, les Américains y sont allés de leur exposition qui se déroula au Madison Square Garden. Le succès de ces événements n'est plus à démontrer puisque les expositions sont encore très en vogue de nos jours.


Au Japon : 
c'est un animal de mauvaise augure, capable dit on de tuer les femmes et d'en revêtir la forme.


Dans le monde Bouddhique :

on lui reproche d'avoir été le seul avec le Serpent à ne pas s'être ému de la mort de Bouddha mais cela peut être aussi interprété comme un signe de sagesse supérieure. D'ailleurs,on trouve en Inde des statues de chats ascètes représentant la béatitude du monde animal (kramsich).


Dans la Chine ancienne :
 le chat est plutôt considéré comme un animal bienfaisant,les paysans mimaient son attitude par des danses.


Au Cambodge :
le chat est lié a la sécheresse .Il n'est pas rare de nos jours encore d'observer au cours de processions, un chat en cage transporté de maison en maison:chaque villageois arrose l'animal dont les cris doivent émouvoir Indra(Déesse de l'eau) ceci dans le but d'obtenir la pluie.


Dans la tradition Celtique :
le symbolisme du chat n'est pas très favorable. Il fut considéré avec méfiance .Cenn Chaitt (tête de chat) est le surnom de l'usurpateur Cairpre qui occupant la royauté suprême cause la ruine de l'Irlande.


Chez les musulmans :
 le chat (qatt) est au contraire favorable sauf s'il est noir. Un chat parfaitement noir posséderait des qualités magiques. On donne sa chair à manger pour être délivré de la magie. Un chat noir est un djin malfaisant. Il faut le saluer quand il rentre de nuit dans une chambre.


La fête du chat à La Romieu
Tous les ans, à La Romieu, petit village du Gers, a lieu la fête du chat, le dimanche le plus proche de la mi-août.

Au cours de cette journée ayant pour thème le chat, en hommage à Angéline et à la légende des chats, vous pourrez voir : une exposition féline internationale, des défilés d'enfants déguisés en chats, des artisans fabricant des chats en verre, tissu, en céramique, en bois, en pierre... 

Le chat en Inde
En Inde, où il arriva au moins dix siècles avant notre ère, le chat domestique était vénéré comme l'incarnation de Sasti, déesse de la Maternité. 

Raminagrobis
Raminagrobis, personnage créé par Rabelais, est le juge arbitre entre Pantagruel et Panurge. La Fontaine en a fait un juge entre la belette et le petit lapin.

Duo de chats
Outre ses chefs-d'oeuvre bien connus, Rossini, qui ne manquait pas d'humour, a composé un Duo de chats (pour deux soprani) d'une remarquable fantaisie.

"Techau" 
"Techau" est le nom de la femelle du chat qu'on retrouve au pied des statuettes funéraires, dans les tombes des femmes. Ce mot donnera "chaus", nom encore porté par une variété de grands chats sauvages d'Égypte et d'Asie.

Myeou
Les Égyptiens nommaient le chat "Myeou", son provenant probablement de l'onomatopée se référant au miaulement. 


Le chat et les marins

Les chats arrivèrent en Europe par la voie maritime, adoptés par les marins pour leurs qualités de chasseurs de rats.

L’implantation des chats à travers le monde doit beaucoup aux affinités entre marins et félins. Les marins sont souvent superstitieux ils aiment voyager avec des chats qui leur porteront bonheur durant les traversées et chasseront les rongeurs des cales des navires.

Les chats étant censés pouvoir déclencher des tempêtes avec leur queue magique, les meilleurs porte-bonheur, étaient les Manx, car ils n’avaient pas de queue ce qui signifiait  pas de tempête. Les premiers chats domestiques arrivèrent en Europe sur les navires phéniciens aux environs de 900 avant Jésus Christ. Dans l’Ancienne Égypte les marins sont très liés aux chats. De part leur rôle contre les rongeurs, ils étaient des membres respectés de l’équipage. L’Église condamnait les chats « disciples de Satan ». Mais les marins n’en tenaient pas compte. Pour certains marins le chat avait le pouvoir d’écarter le mauvais temps. Les femmes de marins gardaient un chat à la maison pour prévenir les désastres en mer. Quand un chat s’approchait d’un marin sur le  pont c’était un signe de chance. En revanche si le chat s’en retournait à mi-chemin cela portait malheur. La chose à éviter à tout prix était de jeter un chat par-dessus bord ; cela provoquait une terrible tempête et apportait neuf ans de malheur.

Les marins égyptiens emmenaient des chats et parfois vendaient les chatons aux Phéniciens ou à d’autres peuples.

En mer les chats tricolores sont investis par les marins du pouvoir de les ramener à bon port.

Les marins du monde entier partagent toutes sortes de superstitions sur les chats. Il est considéré de bon augure d’en avoir un à bord, bien que prononcer le mot « chat » soit parfois censé porter malheur, peut-être à cause de la punition infligée à bon nombre de matelots avec le martinet baptisé « chat à neuf queues », un fouet constitué de neuf lanières de cuir. Les marins japonais étaient convaincus que la seule façon d’éloigner les démons des tempêtes était de forcer un chat écaille et blanc à grimper sur les drisses jusqu’en haut du mât.

Le chat et Venise

En 828, le chat est à Venise. Le chat y est vénéré et est resté à Venise pour la débarrasser de ses rongeurs. Ce qui le caractérise entre autre c’est sa simplicité. Ce chat a inspiré les peintres, musiciens, écrivains. Il a imposé le respect aux politiciens, les hommes d’État et de religion. Ces chats des rues sont la mémoire vénitienne, symbole vivant du lion statufié de la Sérénissime. Les rongeurs infestèrent cette cité construite sur l’eau principalement les greniers, entrepôts, magasins, de céréales et de tissus. Ce chat va devenir l’allié des Vénitiens pour garder intact le patrimoine et pour conserver la salubrité de la ville. Mais aussi pendant les voyages des Vénitiens afin d'apporter la soie, les étoffes, les pierres précieuses de Grèce, Chypre, Syrie, Arménie, Perse, Egypte, Constantinople profitèrent à ces chats probablement attirés par la nourriture, ou par les rats à bord de ces navires. L’eau est une route pour les chats. Les chats sont indépendants, montent à bord et descendent quand bon leur semble. Ils restent parfois dans un port.

Dés le XVième siècle, les assureurs vénitiens exigèrent les chats à  bord des navires pour protéger les denrées et les tissus. Un homme d’équipage était chargé de s’occuper des chats et de les empêcher de quitter le navire aux escales.

A Venise les chats devinrent un commerce, en particulier les Angoras et les Persans dont la beauté est inconnue à Venise. Entre les Vénitiens et le chat existe une entente secrète. Ils traitent le chat comme leur égal. Le chat connaît bien les mystères de Venise. Les Vénitiens considèrent le chat comme un témoin de l’invisible. Au Moyen Age, les habitants de la Cité des Doges sont fascinés par la grâce altière du chat qui s’allie parfaitement au luxe de Venise. Les doges épousaient des princesses byzantines qui apportaient dans leur corbeille de mariage entre autre des Angoras. Ces princesses venues d’Orient sont à l’origine de la vogue du chat de luxe. A cette époque il y avait deux classes sociales chez les chats, ceux des rues qui chassaient les rats et ceux des salons.

Au XVième siècle, l’art de la typographie se développe à Venise Jean-Baptiste Sessa, imprimeur de Venise, fait figurer un chat portant un rat dans sa gueule sur le motif de son sceau. A l’aube du XVIième siècle, le chat apparaît dans la peinture vénitienne d’inspiration religieuse. De la noblesse le chat « passe » à la bourgeoisie commerçante, aux intellectuels, aux artistes sans jamais perdre la faveur du peuple, son défenseur de toujours.

Après le XVI ièmes siècle, le chat disparaît des tableaux. Le chat en même temps quitte les boudoirs, n’est plus nourri de mets fins et retourne à la rue.

Toutes les races se mélangent pour devenir les soriani, les chats de la lagune, que nous pouvons voir aujourd’hui. Les Vénitiens ramenèrent d’Égypte et de Syrie des galères pleines de chats ratiers afin d’éradiquer les rats vecteurs de la peste. Des chats ont été importés d’Orient pour aider les chats de la lagune à lutter contre les rongeurs.

La peinture du XVième siècle est riche en chats. Le chat est présent dans les toiles des grands maîtres Giovanni Bellini( 1430-1516), Lorenzo Lotto (1480-1556), Jacopo Bassano (1517-1592), Véronèse (1528-1588), Tintoret (1518-1594).

Au temps de la république, Venise subvenait à l’entretien des chats. Au XIXième siècle la vie devint difficile pour les chats, suite aux épidémies et à la disette. Le 10 avril 1856 Giuseppe Consolo écrit l’Ateneco di Venezia, un mémoire contre les mauvais traitements aux animaux. La loi Grammont est votée en France en 1850. Giuseppe Consolo sera entendu. Les Vénitiens sont attachés au petit cousin du lion de la Sérénissime.

Le chat et les religions

Le monde chrétien.

La bible ne parle pas du chat. Dans l’Occident chrétien le chien est la création de Dieu, le chat est associé au Diable. Il est dit que lorsque Adam et Ève ainsi que leurs enfants ont été chassés du Paradis un chat les suivit et fut le seul à se souvenir du chemin du retour à l’Eden. Il emmena un des petits garçons du couple originel aux portes du Paradis. Depuis ce jour, parmi nous il reste un enfant et un chat qui connaissent le chemin du jardin d’Eden. Depuis le jardin d’Eden, le chat suit l’homme, s’adapte aux civilisations mais il se laisse apprivoiser lorsqu’il le veut.

L’Église médiévale assimilait le chat à la déesse de la Maternité et aux cultes païens.

Au Moyen Age, à plusieurs reprises l’anathème fut jeté sur le chat. Pourtant, sur de nombreuses sculptures d’églises et documents écrits on peut constater la présence du chat. En Irlande, vers 700 le chat apparaît sur les enluminures. En 800 de nombreux chats illustrent l’œuvre d’artistes d’un monastère. Dans les monastères sont autorisés comme fourrures, les peaux d’agneaux, de lapins, de chats. D’abords sauvages à partir du XVième, il s’agit probablement des chartreux. Dans plusieurs textes, il est fait référence à des chats domestiques.

Les moines utilisèrent les chats pour protéger les bibliothèques. Les pères mekhitaristes du monastère arménien de San Lazzaro firent de même.

Le chat n’accompagne aucun saint dans l’iconographie pourtant le pape Grégoire 1er, qui fut canonisé, admettait dans son inimité seulement son chat.

Le monde musulman.

Le monde musulman fait naître le chat sur l’arche de Noé. L’arche étant infesté de rats Noé gratta le museau du lion qui éternua et fit naître un couple de chats. D’où peut-être l’expression avoir un chat dans la gorge. Le chat serait donc né de l’éternuement d’un lion. Cette légende court dans le monde musulman en particulier en Turquie. Le chat n’aime pas la pluie, cela viendrait de Noé qui  pour punir le chat d’avoir fait ses griffes sur le pont l’aurait relégué sur le tillac, pont supérieur, de l’Arche.

Le prophète Mahomet fondateur de l’Islam préféra abandonner un morceau de son vêtement plutôt que de réveiller sa chatte Muezza qui dormait dessus. Elle le remercia par une révérence. Mahomet accorda à tous les chats le don de toujours retomber sur leurs pattes en cas de chute. On prétend que Mahomet était tellement féru de sa chatte Muezza, qu’il la prenait dans ses bras quand il prêchait à la Mecque. En hommage à l’amour que le prophète portait aux chats, ces animaux sont libres d’entrer à leur guise dans les mosquées et sont respectés par les musulmans. D’ailleurs, la loi islamique interdit toujours de les tuer.

La tradition orientale associe souvent les chats au Paradis. Dans l’Islam le chat est assuré d’y trouver sa place.

 Selon la légende, le chat serait le seul animal de la création à ne pas avoir pleuré la mort de Bouddha. Cela lui a réussit car en Inde le chat a été domestiqué pour la première fois 10 000 ans avant l’ère chrétienne.

 


Le chat et les blasons

Le chat sur un blason vient des Romains Le chat représentait le génie protecteur pour les légionnaires qui en portaient sur leurs enseignes. Plusieurs légions romaines décoraient leurs étendards tantôt d'un chat rouge tantôt d'un animal à robe crème et à queue cerclée d'anneaux.

Pour les tribus des Alains, Suèves, Vandales le chat représentait le symbole de la liberté et de l'indépendance. Les Vandales et les Wisigoths qui envahirent la Gaule et l'Espagne au V ème siècle portaient l'enseigne du chat noir à la bataille.

Le chat sur les armoiries représenta le goût de l'indépendance et de la liberté (que le chat incarne) ; pour Gundaricus roi de Bourgogne, pour Clotilde épouse de Clovis et aussi pour une centaine de blasons dans toute l'Europe. L'écu de sainte Clotilde une princesse bourguignonne qui devint reine des Francs était un chat noir tuant un rat emmanché d'or.

Les rois des Burgondes avaient aussi pour emblème un chat sauvage.

Le chat et la médecine.

Longtemps, la médecine occidentale tint le chat comme un animal nuisible. Maintenant, le chat est un bon médicament, en effet, pour les personnes cardiaques, sa compagnie agirait sur le stress, le caresser fait baisser la tension artérielle et la fréquence cardiaque. Il peut être considéré comme un agent anti-hypertenseur.

Depuis quelques années, les médecins s'intéressent aux bienfaits de la compagnie des animaux sur notre santé. Après la cardiologie, la gérontologie il est stimulant pour les personnes âgées à qui il donne une occupation quotidienne : changer la litière, le nourrir. Les propriétaires de chats souffrent moins souvent de dépression.

En psychiatrie, le chat donnant son affection sans jugement d'âge ou d'aspect physique il a un effet bénéfique sur le patient.

En pédiatrie, enfin, les enfants possédant un chat sont plus ouverts et communique mieux. Les enfants dont les parents divorcent ou qui ont été victimes d'abus sexuels "cicatrisent" mieux quand ils partagent la vie d'un chat, d'après une étude de l'université de Varsovie.

Le chat et le Japon, la Chine, la Thaïlande (Siam).

Le chat apparut dés le VIième siècle au Japon. Il venait de Chine et de Corée. Probablement, le bobtail chat tricolore (écaille de tortue). Cet animal avait la réputation d’éloigner les mauvais esprits. Pour la tradition, le dixième jour de la cinquième lune de l’an 999 le chat fit son entrée au Japon, un mandarin l' offrit à l’empereur Idi-Jô une chatte blanche qui mis bas cinq chatons dans le palais impérial de Kyoto. Mille ans plus tard, la chatte blanche devient le Maneki Neko une statuette représentant un chat assis une patte en l’air. On le trouve au siège social des banques, dans les échoppes, les sushi. Le message du Maneki Neko est « chat qui invite ». Si le chat lève la patte droite il promet le bonheur et la félicité, la patte gauche assure beaucoup d’argent. Au Japon, on pensait que les chats portaient bonheur. Comme sur ces statues japonaises où le chat lève une patte, signe de vœux de bonne fortune. Selon la légende, un chat se serait tenu devant le temple de Gotokuji à Tokyo, levant la patte pour guider les gens à l’intérieur. Le temple devint riche et des statues de ce chat baptisé Maneki Neko portent bonheur aux maisons et aux entreprises dans toute la Chine et le Japon. Au Japon le chat est considéré comme porte-bonheur, Maneki Neko est un symbole puissant censé attirer la chance. En 500 avant Jésus Christ, les chats étaient communs en Chine. D’après les peintures, les sculptures et les récits, nous pouvons constater que les chats étaient estimés et choyés en Asie. Dans plusieurs régions d’Asie on pensait que le chat éloignait le Diable et portait chance à son maître.

En Asie, les chats s’offraient d’empereur à empereur. Ensuite ils furent adoptés par la noblesse et les prêtres. Puis ils devinrent communs dans toute la société.

En Thaïlande un chat participe à la procession pour le couronnement. En Thaïlande, anciennement Siam, seuls les membres de la famille royale pouvaient posséder un chat. En Siam c’était un honneur de recevoir un chat en cadeau, il ne s’offrait que lors des visites à des dignitaires étrangers qui avaient gagné les faveurs du roi. Le premier couple de Siamois arriva en Europe en 1884. Avant seuls les rois de Siam avaient le droit d’élever ces chats. Ils étaient gardés dans des cages d’or parfumées d’encens, on pouvait les apercevoir dans les jardins royaux de Bangkok.

A Tokyo on vénère le chat au temple appelé le kotokuji. Au Japon le chat était tellement précieux qu’il était tenu en laisse, il faut attendre une loi de 1602 après Jésus Christ pour que le chat puisse évoluer en liberté. Cette loi avait pour but de débarrasser la soie de ses parasites. Seul un chat libre pouvait le faire.

Le chat au Japon (Tokyo) est considéré comme le protecteur de l’enfance.

Bubastis et le Culte du Chat

Bien que le culte du chat soit déjà un mouvement religieux important à l'avènement du Nouvel Empire, il pris de l'ampleur quand Sheshonq Ier développa la ville de Bubastis (arabe : Tell Basta), chef-lieu de la déesse Bastet, située à l'est du Delta du Nil. Bastet devint très populaire et importante au sein de la population, représentant alors la fertilité, la maternité, la protection et l'aspect bénévole (dans le sens étymologique, de bon vouloir) du soleil - de même que Sekhmet, elle était appelée l'Œil de Rê. Réunissant des milliers de croyants et autant de pèlerins, le culte du chat était responsable de l'arrivée annuelle d'une population immense dans les rues de Bubastis. Bubastis devint un autre nom de Bastet.

Près du centre de la cité, on pouvait voir le Temple de Bastet. Ce temple était rabaissé par rapport au reste de la cité, pour éviter l'érosion de l'eau, mais a été surélevé par la suite pour éviter les inondations. Hérodote, qui visita Bubastis en -450, disait de ce temple que, s'il n'était pas aussi grand ou n'avait pas coûté autant que ceux des cités alentours, nul n'offrait plus de plaisir aux yeux. Hérodote décrit en détail le Temple. Un canal, qui entoure le Temple, donne à ce dernier une allure d'île déserte. Dans la cour se trouvait une allée d'arbres, menant vers l'entrée intérieure, qui exposait une statue massive de Bastet, ainsi qu'un nombre important de chats sacrés dont les prêtres s'occupaient grâce aux dons des pèlerins. Ces chats, très respectés, n'en restaient pas moins extrêmement nombreux, et un sacrifice périodique était organisé. Les chats sacrifiés, souvent des chatons, étaient ensuite bénis et momifiés, puis vendus comme reliques sacrées. Bubastis devint un centre de commerce, que ce soit dans la vente du bronze, des sculptures ou des amulettes à l'effigie du chat. Hérodote écrivit que le festival annuel en l'honneur de Bastet qui se tenait dans la cité était l'un des plus populaires, faisant se déplacer des croyants de toute l'Égypte.

Le mercantilisme et l'influence de Bubastis inspirèrent les auteurs de la mythologie judéo-chrétienne. Aux VIe siècle av. J.-C., Ezéchiel écrivait : « Les jeunes hommes d'Aven et de Pibeseth [Bubastis] tomberont par l'épée, et ces cités seront captives » Ezekiel 30:17. Ezéchiel percevait par l'importance de Bubastis, à l'instar de la ville de Ninive, un paganisme et un péché qui vaudrait aux deux villes une punition.

Vers -525, l'Égypte était le principal Empire que la Perse n'avait pas encore conquise. Cambyse II, fils de Cyrus II, se fixa donc l'objectif de changer cet état de fait. Avec son armée, il parcourut 56 km à dos de chameau à travers le désert jusqu'à l'avant-poste égyptien de Pelesium. Ils attaquèrent l'armée égyptienne, qui n'osa pas riposter à la vue des boucliers perses, sur lesquels on pouvait voir un chat de bronze. Cependant, la cité fut défendue plus efficacement grâce aux renforts de l'armée égyptienne, qui mit en déroute les combattants perses.

Traditions funéraires

Les chats étaient vénérés et momifiés

Hérodote écrivit que les chats qui mourraient, où que ce soit en Égypte, étaient amenés à Bubastis pour être momifiés et enterrés dans le Grand cimetière. Cependant, il semble que ce ne soit que très exceptionnel.

L'égyptologue suisse Henri Edouard Naville a trouvé près de 20 m³ de cadavres de chats, et des traces de crémation, des os dans des vases, des puits, de l'argile. A coté de chaque puit, un autel et un foyer, noirci par le feu. La momification est censée permettre au ka (l'esprit) du défunt de retrouver son hôte et y renaître dans l'autre monde. Pour cela, le corps doit rester intact - la crémation interfère avec ce processus. Néanmoins, brûlés ou non, les chats recevaient les rites funéraires et l'embaumement, au même titre que leurs propriétaires.

En 1888, la découverte du Temple de Bastet, en dehors de Beni Hassan, amena à l'excavation de près de 19 tonnes de momies et de restes animaux - dont relativement peu de chats. Récemment, Roger Tabor découvrit un autre cimetière félin au Temple de Bastet, soulevant une couche épaisse de 20 cm de momies compressées par les débris du temple, étalées sur une largeur de 6 mètres.

Le déclin du culte du chat

Le culte de Bastet a été officiellement interdit par décret impérial, vers -390. Le chat en Égypte a donc vu un déclin progressif de son intérêt, bien que resté en tant qu'animal de compagnie, il n'était plus adoré dans les temples. À cause notamment des maladies, et de la peste en particulier, qu'il transmettait, le chat n'a plus, aujourd'hui, l'importance qu'il a eue en Égypte
 
 


Les superstitions liées au chat

Le chat serait une créature ambiguë, à la fois bénéfique et maléfique. Les gens qui le connaissent mal le croient sournois. À tort, évidemment.

Toutes les religions accordent au chat une place bien définie. Certaines l'assimilent au bien, d'autres au mal. Il fut tour à tour dieu, idole ou diable, est apparu comme le favori des sorcières, a attiré la violence des hommes ou au contraire leur admiration et leur vénération.

Au Cambodge, un chat en cage est transporté au cours d'une procession, de maison en maison, dans l'intention d'obtenir la pluie. Chaque villageois arrose le chat qui s'effraie et ses cris émeuvent Indra, le dispensateur de l'ondée fécondante, de l'eau. Indra est le plus grand des Dieux dans le védisme, religion de l'Inde. Il détient la puissance, symbolisée par la foudre avec laquelle il détruit les démons, mais est aussi lié à la sécheresse, laquelle évoque la notion de chaos primordial.

En Indonésie, chez les Nias de l'île de Sumatra, le chat est le gardien des enfers. Un arbre cosmique a donné naissance à toutes les choses de la terre. Pour monter au ciel, les morts prennent un pont. En dessous de ce pont, c'est le gouffre de l'enfer. Un gardien est posté à l'entrée du ciel avec un bouclier et une lance. Un chat lui sert à jeter les âmes coupables dans les eaux infernales.

Au Japon, le chat est un animal de mauvais augure. Il est capable de tuer les femmes et d'en revêtir la forme.

Dans la Chine ancienne, le chat est un animal bienfaisant. Lors des danses agraires, l'attitude du chat était mimée en même temps que celle du léopard car il apportait beaucoup de bonheur dans les maisons et les récoltes.


 

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